MAĂ‹LYS, les recherches cynophiles

par Desmaretz GĂ©rard 

Dimanche 27 aoĂ»t vers 3 heures du matin, les parents de Maelys inquiets de ne pas voir leur fille se lancent Ă  sa recherche aidĂ©s des convives. Une dizaine de minutes plus tard, la police judiciaire annonçait la disparition de la fillette âgĂ©e de 9 ans. Le chien policier va remonter la piste jusqu'au parking, laissant suggĂ©rer que la fillette aurait pu monter Ă  bord d'un vĂ©hicule. Les soupçons des enquĂŞteurs vont se porter sur un jeune homme âgĂ© de 34 ans, ancien MaĂ®tre-chien au 132e bataillon cynophile de l’armĂ©e de terre de Suippes, jusqu’à ce qu’il soit rĂ©formĂ© en 2007. Les policiers vont dĂ©couvrir qu'il a passĂ© 1h30 Ă  nettoyer son Audi A3 Ă  une station de lavage, Ă  bord duquel l'ADN de Maelys sera dĂ©couvert sur le tableau de bord ! Un autre dĂ©tail semble avoir attirĂ© l'attention des enquĂŞteurs, il aurait utilisĂ© pour le nettoyage de la malle arrière, un produit pour nettoyer les jantes et qui agit comme une rĂ©pulsif sur l'odorat des chiens !

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Tout au long de son histoire, l'homme a toujours Ă©tĂ© accompagnĂ© par les chiens. La relation entre l'homme et le chien remonte Ă  l'apparition du tomartus (chien loup), l'ancĂŞtre de tous les canidĂ©s. L’utilisation du chien pour des tâches de sĂ©curitĂ©s est un concept qui remonte aussi loin que le règne de Pyrrhus, Roi d’Epirus en 295 avant notre ère. L’assistance du chien dans un concept moderne date de la fin du 19e siècle, le premier programme de chien « policier Â» est apparu Ă  Ghenten en Belgique. En France, la gendarmerie fut la première institution Ă  disposer officiellement d'Ă©quipes cynophiles en 1945, suivie par la police nationale cinq annĂ©es plus tard, en ce qui concerne le 132°, la spĂ©cialitĂ© cynophile y est apparue en 1977. Elle allait s'inspirer des Ă©quipes cynophiles amĂ©ricaines dĂ©ployĂ©es au Vietnam, recherche et localisation : d'engins explosifs - de caches d'armes - de pièges Ă  c... - des tunnels - pistage de patrouilles Viet-Congs afin de dĂ©couvrir leur lieu de vie.

L'odorat humain permet de dĂ©tecter la prĂ©sence de certaines molĂ©cules. Lorsqu'un corps volatil pĂ©nètre dans les fosses nasales et atteint la muqueuse Ă©pithĂ©liale, il entre en contact avec les 6 Ă  8 millions de cellules olfactives reliĂ©es au cerveau par des fibres nerveuses. Le cerveau humain mĂ©morise l'odeur bien après que la molĂ©cule ait quittĂ© le nez. Au bout d'un certain temps, le nez cesse de rĂ©agir Ă  une odeur constante. On a identifiĂ© sept rĂ©cepteurs dĂ©diĂ©s chacun Ă  une odeur fondamentale : camphrĂ©e, mentholĂ©e, Ă©thĂ©rĂ©e, florale, musquĂ©e, âcre et putride ; il semblerait que la forme des molĂ©cules ait une rĂ©percussion sur la dĂ©tection de l'odeur. L'interaction d'une molĂ©cule odorante avec ces rĂ©cepteurs dĂ©clenche une combinaison d'odeurs non-dĂ©composables en odeurs fondamentales (une odeur de mousse par exemple, renferme 200 composants dont 80 participent Ă  son odeur particulière), exceptĂ©es pour certaines d'entre elles par des crĂ©ateurs de parfums.

Les excellentes qualitĂ©s olfactives du chien associĂ©es Ă  sa domestication en font l’animal idĂ©al pour accomplir les tâches oĂą l’odorat joue un rĂ´le prĂ©pondĂ©rant. Elles lui permettent de diffĂ©rencier des odeurs inodores pour l’homme qui possède. Si on mettait les 100-150 millions de cellules olfactives du chien cĂ´te Ă  cĂ´te, elles occuperaient une surface de 7m2 (0,5 pour l'homme). Le chien est capable de dĂ©tecter dans l’atmosphère une concentration aussi faible qu’un trillionième (1.10-18) . Il peut : distinguer des jumeaux, l’odeur d’un pied Ă  travers une botte de caoutchouc, l’odeur dĂ©gagĂ©e par la crainte ou la colère.

Le chien piste les odeurs laissées sur le sol par le passage de l’individu.

  1. Le port de chaussures Ă  semelle de cuir laisse une piste plus favorable que des semelles de caoutchouc.

  2. Si l’homme est lourd, la piste sera plus facile à suivre que celle d’une personne légère.

  3. Si deux pistes apparaissent, le chien aura tendance Ă  prendre la plus facile !

  4. Il peut pister sur l’odeur d'herbe écrasée et de la terre retournée qui libère des gaz.

  5. Il piste Ă©galement sur les effluves (odeurs en suspension dans l’air) : haleine, transpiration, odeur corporelle, caractĂ©ristique d’une alimentation ou des vĂŞtements.

  6. Si l’odeur est faible, le chien piste sur les effluves et légèrement sur l’odeur. Si c’est le contraire, il inverse l’ordre. Si l'individu a coupé à travers un cours d’eau, le chien qui utilise les effluves reprendra plus facilement la piste de l’autre coté

Un chien est capable de suivre une piste sur environ une dizaine de kilomètres et il peut dans des conditions favorables dĂ©tecter l’homme Ă  plus de 100 mètres et pister sur une trace qui remonte Ă  une trentaine d’heure ! Plus la piste est fraĂ®che, meilleures seront les chances de la remonter.

Un chien de pistage doit, non seulement ĂŞtre capable de suivre et de remonter une piste vieille de plusieurs heures, mais aussi de localiser les objets perdus, jetĂ©s ou abandonnĂ©s ayant appartenu Ă  la personne recherchĂ©e. Les conditions qui influent sur les odeurs ou effluves dissĂ©minĂ©es sont nombreuses :

  1. Une atmosphère fortement humide, un ciel couvert, favorise la rétention d'odeurs qui ne peuvent s'évaporer.

  2. A 1 heure du lever ou coucher du soleil, l'Ă©vaporation est plus lente.

  3. Plus le temps est sec et chaud, plus il favorise l’évaporation de l'odeur.

  4. Si le sol est plus chaud que l'air, il y a apparition d'effluves.

  5. Une nébulosité avec un plafond bas limite l'évaporation.

  6. La végétation épaisse limite la dissémination des odeurs.

  7. Le vent peut disperser l’odeur et les effluves.

  8. La pluie peut laver l'odeur.

  9. Un terrain sablonneux, silicieux ou sec, s'oppose Ă  la piste.

  10. Une température trop basse réduit l’odeur caractéristique.

  11. Une odeur forte (transpiration, parfum, crasse, nourriture, vêtement, blessure qui saigne, alcool, médicament, etc., améliore la piste.

  12. Un sol dur retient mal les odeurs.

  13. En milieu rural, l’odeur d’animaux, de fumier peut masquer la piste et distraire le chien.

  14. Le franchissement d’un cours d’eau dissipera rapidement l’odeur. Les très fortes pluies auront le même effet en lavant la piste.

  15. Les traces laissées dans la neige seront conservées grâce à l’humidité du sol.

  16. La couche de neige s’opposera à la trace en la recouvrant.

  17. La nuit, l’humidité ambiante, la réduction du vent favorisera la trace.

  18. En ville, le trafic, le bruit, les odeurs ne sont plus aussi caractéristiques et la pollution s’oppose à la trace.

  19. La topographie (colline, vallée, couvert, bois ) peut affecter la vitesse et la direction du vent et fausser la piste.

  20. Sous les lignes THT, le crépitement et l’ionisation de l’air peuvent déranger le chien.

  21. les champs cultivés avec l’imprégnation d’engrais diminuent la trace. La substance qui s’en dégage stimule le nerf olfactif et une exposition prolongée entraîne la sécrétion de mucus obturant les cellules olfactives.

Si l’odorat du chien est exceptionnel, sa vue est mĂ©diocre, il ne distingue pas les couleurs (il voit tout en bleu-vert). L'emplacement de ses yeux lui permet d'avoir un champ de vision supĂ©rieur de 70 % Ă  celui de l'homme, mais il dĂ©cèle plus le mouvement que la forme. Par contre, ses facultĂ©s auditives sont très performantes. Il dĂ©cèle un huitième de note, ce qui lui permet, oĂą l'homme n'entend qu'un seul son, d'avoir une nuance incomparable. Ne vous Ă©tonnez pas s'il reconnaĂ®t votre voiture. Il en a mĂ©morisĂ© la « signature Â» sonore.

L’orientation du pavillon de ses oreilles lui permet de localiser la direction d’un son. Il perçoit les sons de 15 hertz Ă  60 kilohertz ! Cette possibilitĂ© peut-ĂŞtre mise Ă  profit en utilisant un sifflet Ă  ultra-sons pour lui adresser des ordres qui resteront inaudibles pour l’homme. Cette particularitĂ© permet de dresser un chien Ă  dĂ©celer les signaux d’alarme utilisant les ultra-sons. C’est d'ailleurs sur ce principe que repose l’appareil qui tient les chiens Ă©loignĂ©s des mollets des facteurs. La source ultra-sonore très puissante (environ 110 dĂ©cibels) provoque la mĂŞme aversion qu’une sirène hurlant Ă  proximitĂ© de notre oreille.

Si un chien peut explorer un vĂ©hicule en deux minutes, il peut cependant ĂŞtre distrait et faire de faux marquages (vĂ©hicule très chaud, ventilation, l’air conditionnĂ©, odeur ancienne de drogue, etc.). Les appels ou courants d’air peuvent : dĂ©placer l’odeur, porter celle d’un animal domestique et venir perturber le marquage ou les rĂ©actions du chien. Si le chien refuse d’approcher, peut ĂŞtre a-t-il les papilles irritĂ©es par une substance chimique (les vapeurs d’anhydride d’acĂ©tone, par exemple, forment dans sa truffe une solution d’acide acĂ©tique).

L’histoire de la chienne en chaleur qui perturbe le mâle semble infondée, le chien bien éduqué fera son travail.Les trafiquants toujours à l'affût de méthodes pour dissimuler leur trafic et dérouter les chiens, utilisent toutes sortes de produits. Un agent masquant est une substance qui a une odeur forte et persistante qui recouvre et masque l’odeur à dissimuler, ou des produits distractifs qui présentent une odeur similaire, substances qui vont entraîner de faux marquages et mobiliser le chien. Une autre possibilité, avoir recours à une substance qui gonfle artificiellement la taille de la molécule odoriférante qui ne peut de ce fait pénétrer dans la muqueuse et encore moins solliciter les cellules olfactives. Ces produits capables de perturber l’odeur caractéristique recherchée déclenchent de faux marquages, contribuent à saturer le travail du chien et à détruire la confiance du maître en son chien.

Sans la prĂ©sence d’un maĂ®tre chien, le meilleur des chiens ne vaut guère mieux qu’un chien de compagnie. A l’inverse, un maĂ®tre chien associĂ© Ă  un « mauvais chien Â» ne peut remplir pleinement sa mission. Quelle que soit la mission confiĂ©e Ă  un chien, elle est toujours le rĂ©sultat de la comprĂ©hension maĂ®tre et chien. Le maĂ®tre doit apprendre Ă  connaĂ®tre son chien, de mĂŞme que l’animal apprend Ă  connaĂ®tre son maĂ®tre. Il est très important que le maĂ®tre sache parfaitement interprĂ©ter les attitudes de son chien afin de toujours rester capable de dĂ©terminer si ses rĂ©actions sont en rapport avec la mission. Un maĂ®tre chien qui laisserait Ă©chapper les indices d’un tel comportement, pourrait penser que le chien travaille rĂ©ellement alors qu'il n'en serait rien. LemaĂ®tre doit rester attentif au comportement de son compagnon et toujours lui rappeler ce qu’il en attend.

MAĂ‹LYS, les recherches cynophiles

Dimanche 27 août vers 3 heures du matin, les parents de Maelys inquiets de ne pas voir leur fille se lancent à sa recherche aidés des convives. Une dizaine de minutes plus tard, la police judiciaire annonçait la disparition de la fillette âgée de 9 ans.

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